15.2.12

No Solution (Jel)

Quand je suis rentrée du taf hier soir, un peu tard, j'ai compris que
la soirée n'allait pas être drôle. Il n'avait pas retiré ses
chaussures, il jouait à la console, les yeux déjà explosés.
J'avais acheté 3 conneries histoire d'accompagner les 2 verres de vin
blanc que nous ne manquerions pas de boire.
"J'ai pas faim. Je mangerai pas."
"Je te sers un verre?"
"Je sais pas"

Hm hm. J'ai pris le parti de faire comme si de rien n'était, tout du
moins, je lui ai raconté mes emmerdes bancaires et les misères de l'audit à venir. Il a continué à jouer
à la console en faisant des "oh, ah" de temps en temps.
Il a fait semblant d'écouter. J'ai fait semblant de croire qu'il écoutait.
A 23h, il a décidé d'aller se coucher. Visiblement il avait oublié que
la veille, il m'avait laissé la main entre les jambes. Visiblement il
n'a pas l'intention de me faire jouir ce soir plus qu'hier.

Quand l'homme se pose des questions, la terre cesse de tourner autour de lui.

8.2.12

The Reindeer (Limousine)

Je me suis retrouvé en couple bien plus vite que je ne l'avais prévu ou voulu. A croire que je suis programmée pour ça. Un truc de fratrie. Finalement avoir des parents qui se déchiraient la gueule conduit peut être dans une quête absolue de réussir une vie à 2. Fut-elle en dehors de tout engagement social ou religieux.
Anyway, je me rends compte pour autant que cette vie de couple là n'a pas grand chose à voir avec la précédente. Bizarrement cette prise de conscience a eu lieu à quatre pattes. Quand vers minuit, il m'a pris par derrière sans ménagement. Un jeudi soir. Pas une veille de congé. Pas d'anniversaire. Rien à fêter. Rien à se faire pardonner non plus d'ailleurs. Juste comme ça.
C'est là que je me suis rendu compte que même, si oui bien sûr, on avait adopté quelques habitudes, que la vie à 2, surtout quand on travaille beaucoup, n'était pas propice à l'émerveillement quotidien, on avait encore cette fraicheur "innée".

Mes fantasmes tournent toujours autour de lui. Longévité du désir assez surprenante.
Comme quoi ce n'est pas forcément ceux qui se ressemblent le plus qui s'assemblent le mieux. Sexuellement. Les perversions vont toujours par deux.

11.12.11

Faust (Pavel Dovgal)

J'ai allumé l'iPad, cherché "date de conservation papiers administratifs", posé l'iPad sur le parquet, ouvert ces 2 grandes boites plastiques où j'avais entassé depuis 1998 pleins, pleins pleins de papiers. De tout. J'ai retrouvé de tout et parfois même tout.
L'intégralité des relevés bancaires de 4 banques successives, l'intégralité des bulletins trimestriels d'école, l'intégralité des factures téléphoniques SFR, puis BT, et même celles de France Telecom, l'intégralité des échéanciers EDF, l'intégralité des bulletins de salaire, des contrats de travail, des attestations Assedic et des soldes de tout compte, l'intégralité des quittances de loyer, des contrats de location et des états des lieux pour 6 adresses différentes.
Quelques cartes postales, des notices de télé, d'aspirateur, des factures amazon et darty, des recommandés, des mises en demeure, des attestations d'assurance, des relevés de remboursement secu d'un avortement en 99, deux convocations au tribunal de paris, des analyses de sang, des demandes ADN, des photos, des courriers d'avocat, des copies du divorce de mes parents, une lettre d'amour de G avant son départ en Afghanistan, la carte de visite de mon ancienne boite (collector clairement) et des photos. En pacaille.

J'ai bien regardé la liste et les dates à respecter, d'où 3 tas : à garder, à jeter, à réfléchir. Le tas à jeter grandissait bien moins vite que le tas à réfléchir. Je suis revenue à la liste. J'ai re-trié en suivant scrupuleusement les instructions du site. Il n'y avait plus grand chose dans à réfléchir.
J'ai commencé à déchirer en 4 l'ensemble des papiers du tas à jeter. 2 sacs poubelles in fine.
Je n'ai gardé que la lettre de G, mon diplôme d'école, quelques photos et cartes postales.

Voila, j'ai donc enfin fermé la page de ma psychanalyse : jeter et déchirer le surplus m'a pris 5 mois. Et 2h30 en fait. J'ai même descendu moi même les sacs poubelles.

7.12.11

Another girl (Jacques Greene)

C'est dans mon dos que j'ai entendu "tu es dans une parfaite position de salope".
Quelques minutes plus tard, je jouissais. Et ça m'a permis de lever pendant un moment les 2 ou 3 millions de doutes qui m'occupent. Et rien que pour ça, j'avais envie de lui dire merci.

La petite crise du mois de novembre. Cumul de doutes familiaux, personnels et professionnels. Alors j'ai oscillé entre les jours où j'aurais voulu qu'il me dise que j'étais la femme de sa vie avec les jours où j'aurais voulu qu'il ne soit pas là dans une sorte de "pouf pouf p'us là".
Je me suis forcée à voir des gens que je n'avais pas envie de voir, histoire de me prouver que haha oui je pouvais continuer à mener de front vie de patachon et taf. Fail.

Au final, comme d'habitude, j'ai fait le constat que je me posais des questions à la con, dont les réponses généraient bien trop d'angoisse. Donc j'ai procrastiné le tout. A l'année prochaine.

15.10.11

Sour times (Portishead)

Un jour, j'ai rêvé. Que ma mère serait comme toutes les autres mères. Qu'elle serait venue me chercher à l'école avec un pain au chocolat. Qu'elle soignerait mes bobos avec un bisou magique. Qu'elle me protégerait des trucs moches de la vie. Qu'elle me dirait que je suis jolie. Qu'elle serait là pour moi. Et pas l'inverse.

A la place, j'ai eu une mère lache, absente, culpabilisante, qui m'a mis en première ligne de ses emmerdes. Mariée à un connard, puis malade. Qui pour quand j'arrive pour le week-end n'a pas fait de courses et qui me dit "t'aimes pas les cardes ?". Bah non, j'ai jamais aimé ça. Alors je me suis fait des pâtes. Sans fromage. Sans crème.
Démerde toi et ne m'emmerde pas. Foutez-moi la paix, surtout toi. Tu es comme ton père. Point Godwin familial. "Ce n'est pas ma faute, c'est ton père qui, c'est la maladie qui". La tribu des panous-panous. Et j'ai envie de lui hurler "et c'est de ma faute peut être ???" et je ne dis rien et j'avale ma rage avec une gorgée de limocello sans glaçon. Je suis le cri de Munsch. Je me rappelle ce tableau et je vois mon état intérieur. Hurler à plein poumons, accoucher de cette boule dans ma gorge depuis 2 mois. Lui dire que mais oui, putin elle me pourrit la vie, qu'elle annihile toute tentative de ma part d'être heureuse.
Aout 2012. La date de péremption du Nutella. Ramène le chez toi, je ne le mangerai pas. Et puis de toute façon, je ne serai plus là en aout 2012. Alors que je me suis fait chier à aller faire des courses, lui faire des crêpes, lui faire plaisir. Elle ne sera jamais satisfaite. Jamais.
Tu as fait des stocks de cigarettes ? Elle n'a même pas vu que j'ai arrêté.
"Tu ferais comment si j'avais des enfants ?", elle s'est trouvé conne. Bah, je les recevrais. "Ok, tu leur ferais quoi à manger ? des blettes cardes ?"
Elle s'est re-trouvé conne. Et elle a pété les cables. Et appelé sa mère pour lui dire que j'étais méchante. Et elle est parti s'enfermer dans sa chambre en hurlant "foutez moi la paix, surtout toi". Alors que ça fait 48h que je lui explique patiemment que son entourage ne veut pas être débarrassé d'elle mais qu'elle vive sa vie.

Voila. Je suis 15 ans en arrière, je pleure, seule, dans ce salon que je déteste, j'ai besoin que quelqu'un me prenne dans ses bras et me dise qu'il m'aime. Mais cela n'arrivera jamais dans cette maison. Personne ne m'aimera jamais dans cette maison.

Je vous jure, monsieur le juge, je suis une gentille fille, bienveillante. J'aime les autres sans attendre grand chose en retour. Alors pourquoi cette famille me déteste-t-elle autant ? Etre la fille d'un autre que celui qui vous a élévé est-il si grave qu'il faille encore le payer 35 ans après ?

13.10.11

Party rock anthem (LMFAO)

Une fois de plus, je me suis mise à moitié à découvert et pas que pour une levrette claquée.
Il ne me rassurera pas. Il ne me dira rien. Il ne répondra même pas à mon mail. C'est comme ça. J'ai donc le chic pour tomber sur ces garçons là.
Je devrais donc me contenter de son "je ne suis pas rassuré moi même; comment voudrais-tu que je te rassure?" et aussi de son mythique "oui, effectivement, je me barrerais sans doute du jour au lendemain". Qui m'a rappelé son "Je ne suis pas heureux" d'il y a quelques mois.

Alors je vais faire comme j'ai fait, avant lui. Me projeter seule et vivre à deux.

25.9.11

sunday morning (Pablo)

"C'est beau ce que tu fais."
En voilà un joli compliment après qu'il m'a fait jouir.